La journée de l’équipe éducative à Fourvière

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Comme chaque année depuis 6ans maintenant, nous étions conviés à la journée de récollection autour de la vie de notre communauté éducative.

Programme

9h – 9h30 Accueil
9h30 – 10h30 : Echange-débat autour du thème : Claudine THEVENET face aux jeunes/ Les fondements de la pédagogie selon Claudine THEVENET
10h30 – 11h : Pause visite rapide de la communauté
11h – 11h45 : Messe à la basilique pour les volontaires
12h – 13h30 : Pique-nique partagé
14h-15h : Autour de notre communauté éducative : quelles perspectives pour l’année qui vient ?

Partcipants

Pour des raisons de conflit de dates, beaucoup se sont excusés.
Etaient présents : Emmanuelle DEFLANDRE, Lesa STRIGLER, Cristel CEDRON, Bénédicte GARCIN, Myriam FOUDIL, Marie AMALRIC, Marion GRARD, Hervé BRUNEAU, Denise BOIZET, Christophe AUDARD, Daniel OGBONE.

Compte-rendu

Notre journée a démarré par un bon temps d’accueil : café + viennoiserie.
Pour l’essentiel voici le contenu de l’intervention de Sœur Beatriz :
Contexte dans lequel a vécu Claudine Thévenet : Née avant révolution, elle a connu la terreur lyonnaise. Témoin des massacres des révolutions noires. 10% de la population lyonnaise tuées (dont ses frères)
Malgré ce contexte violent, elle a parié sur le pardon de Dieu. Pour éviter de subir les violences à Lyon, la famille de Claudine a dû déménager à la Croix Rousse.
Comme pour Claudine, le Pape François explique « Qu’il y a une classe moyenne des saints à laquelle nous pouvons tous aspirer. »
Claudine a commencé dans cette classe moyenne, a regardé autour d’elle pour répondre aux besoins de ses contemporains.
Les familles ne pouvant pas garder tous les nourrissons, ceux-ci étaient placés à la campagne dans le meilleur des cas. On voit apparaître dès lors plusieurs orphelinats.
L’époque de Claudine ressemble beaucoup à ce que nous vivons de nos jours.
Les nouveaux pauvres aujourd’hui, ce sont les familles monoparentales, surtout des mères seules face à l’éducation de ses enfants.
Au bout de 20 ans d’action, Claudine a choisi sa voie : l’éducation des jeunes.
Son projet : vivre l’amour de Dieu et le faire connaître.
Pour elle, on ne peut pas éduquer sans projet parce que l’éducation = transmission.

Mais qu’est ce qu’on veut transmettre à la génération suivante ?
5 points : 1- La connaissance de Dieu, la religion, 2- Un cœur vertueux 3– La gestion des affaires 4– Apprendre à travailler 5– Effacer les mauvaises impressions que ces jeunes filles ont pu recevoir de leurs parents vicieux.

Par ailleurs, Claudine va insister sur les programmes qui doivent servir le projet.
Un programme spécifique pour les ouvrières et un autre pour les maîtresses des pensionnats.
Pour les ouvrières : il s’agit d’apprendre à lire, écrire, l’arithmétique et les techniques autour du métier à tisser.
Les programmes pour les futurs enseignants étaient plus poussés.

Voici quelques conseils de Claudine
Point important : L’éducation a besoin d’un contact pour une bonne transmission d(ou cette recommandation : « Soyez de vrais mères »
Beaucoup d’élèves attendent l’école pour être remarqués en tant que personnes.
L’une des attentions de Claudine est de veiller personnellement sur les filles qui arrivaient en guenilles, avec des poux, et qui étaient sales.
Elle les lavait, les préparait avant de les présenter aux autres enfants, connaissait leur cruauté. Elle avait le sens de la dignité des personnes. « Ne jamais ridiculiser un enfant devant ses camarades. » n’arrêtait-elle de dire.

Un programme doit être géré à travers une transmission vivante. Veiller à toujours préciser pourquoi/en quoi une décision prise est bonne pour l’enfant.
La motivation passe par la passion. Projeter les enfants dans le souvenir qu’ils garderont dans le futur. Punir non parce qu’on est dérangé, mais parce que ce que l’enfant a fait lui a fait mal.
Au quotidien :
– Le matin, visite atelier, encourageait ou réprimandait selon les besoins.
– Réunion avec les sœurs de la communauté.
– L’après-midi : tâche administrative, visite, correspondance. Visite des dépendances, cuisines, gestion des besoins de la communauté.

Projet : quelle idée d’homme voulons-nous donner ?
Faire en sorte que chaque discipline permette de transmettre des valeurs.
Il faut toujours croire que l’enfant / l’élève peut devenir plus tard une belle personne d’où l’importance du regard qu’on porte sur elle.

C’est véritablement le sens de la devise du CSND : Apprendre, Avancer, Devenir.

Claudine a reproduit la bonté de Dieu dans chacune de ses rencontres.
« Au lieu de dire à un élève où as-tu été éduqué ? Qu’as-tu fais de ton éducation ? » Formule employée souvent au CSND.
Pour essayer de mettre en œuvre ces intuitions de Claudine, il faut harmoniser le projet au sein des équipes d’enseignants dans une même classe.
Etre vigilant à la maladie qui guette souvent les enseignants (la névrose).

Une brève intervention de Mlle BOIZET a permis de souligner l’intérêt que l’OGEC porte à la dimension spirituelle de l’établissement, dimension avec laquelle elle est en osmose parfaite.

Toute sa vie, Claudine Thévenet a cherché à vivre selon sa foi :
« Mener une vie digne du Seigneur et qui lui plaise en tout »
Elle tenait fortement à ce que ses sœurs soient de vraies mères pour les jeunes qui leur étaient confiés. Elle leur disait :
« Il faut être les mères de ces enfants, oui, de vraies mères tant de l’âme que du corps »
Ceci sans la moindre préférence pour quiconque.
« Les seules que je vous permets sont pour les plus pauvres, les plus misérables, celles qui ont le plus de défauts; celles-là, oui, aimez-les beaucoup »
Elle mourut en s’écriant : « Que le bon Dieu est bon » « Le premier but de Claudine Thévenet avait été de recueillir les enfants pauvres ou abandonnés, afin de leur donner une première instruction et ensuite de leur apprendre un métier, tout en leur apportant une importante formation religieuse et morale.
Ensuite, Claudine et ses compagnes fondèrent des pensionnats pour les jeunes filles des classes plus aisées, élargissant leurs buts à l’éducation chrétienne de tous les jeunes de toutes classes sociales.

Après la pause – déjeuner, nous avons essayé de répondre à 4 petites questions pour prolonger l’échange avec la Sœur Beatriz.
1 – Que recouvre pour nous mettre le mot maternité/ paternité aujourd’hui dans notre pratique éducative ?
Les mots de maternité/paternité dans la pratique éducative renvoient à la bienveillance, à l’autorité, au tutorat. Accompagner, impliquer ; donner des limites, faire des activités extra scolaires dans la mesure du possible.

2 – Quelle est la plus grande pauvreté que nous rencontrons aujourd’hui dans notre communauté éducative ?
La figure de la pauvreté que nous croisons aujourd’hui : Manque de confiance, et de tolérance.
Une vie qui s’accélère de plus en plus – un manque de culture et de verticalité- le fait aussi que les élèves subissent un peu leur scolarité ; n’ont pas forcément choisi d’être là – n’ont pas beaucoup d’estime pour eux –mêmes

3 – Quelles propositions pour renforcer les liens interpersonnels de la communauté ?
Ne pas oublier que les liens interpersonnels passent avant tout. D’où la nécessité de prendre du temps de manière informelle entre nous. Croiser des ateliers de réflexion et d’analyse de pratique.

4 – Comment continuer avec la Famille Jésus-Marie ?
Pour aller plus loin avec la famille Jésus marie : inscrire sa fête sur le calendrier annuel et participer aux manifestations de la communauté.
Nous inspirer de ses intuitions pour affiner notre accompagnement des jeunes.

Un grand merci à tous.
Daniel Ogbone


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